Ouvrir une société au Paraguay attire pour une bonne raison : c'est rapide, léger fiscalement et accessible aux étrangers. Sauf que le "gratuit en 72 heures" cache une réalité plus nuancée. Voici les vraies étapes, les coûts réels, et les pièges qui font perdre des mois.
Avez-vous vraiment besoin d'une société ?
Avant de parler de comment ouvrir une société au Paraguay, une question honnête : est-ce que vous en avez besoin ? Beaucoup de gens créent une structure par réflexe, alors qu'un simple numéro fiscal suffirait. Au Paraguay, une fois votre cédula obtenue, vous pouvez demander un RUC (le numéro de contribuable) et facturer en votre nom propre, un peu comme un auto-entrepreneur en France. Ça se met en place en quelques jours et ça couvre déjà beaucoup de situations : consultant, freelance, petit prestataire.
La société devient utile quand vous voulez séparer votre patrimoine perso de l'activité, encaisser à plusieurs, embaucher, ou donner une vraie image d'entreprise à vos clients. Si vous êtes juste en train de tester une idée, commencez léger. Vous monterez une structure quand le projet le justifie vraiment. Pour la partie déclarations et numéro fiscal, notre page Comptabilité et RUC détaille comment ça marche.
EAS ou SA : quelle structure choisir
Deux formes reviennent tout le temps quand on veut créer une entreprise ici.
La EAS (Empresa por Acciones Simplificadas, créée par la loi 6480 de 2020) est la porte d'entrée moderne. C'est l'équivalent le plus proche d'une SARL, avec un gros avantage : elle peut se constituer avec un seul associé, ce qui n'existait pas au Paraguay avant cette loi. Elle protège votre patrimoine personnel (la société est une personne juridique distincte), et surtout elle se crée en ligne via la plateforme du Ministère de l'Industrie et du Commerce. Sur le papier, avec les statuts standards, la constitution se fait en 72 heures et à coût zéro.
La SA (Sociedad Anónima) est la structure classique, plus lourde et plus longue à monter (comptez plutôt un à deux mois). Elle a du sens pour les gros projets, plusieurs investisseurs, ou quand vous avez besoin d'un cadre statutaire sur mesure. Pour 90% des expats qui arrivent, l'EAS fait largement le travail.
Bon à savoir : une EAS unipersonnelle ne peut pas créer ou détenir une autre EAS unipersonnelle. Si votre projet implique un montage à plusieurs sociétés, dites-le dès le départ, ça change la structure à choisir.
Ce que ça coûte et le temps que ça prend, vraiment
Ici, il faut séparer la théorie de la réalité, parce que c'est là que les gens se font avoir. Oui, l'EAS avec statuts standards est annoncée gratuite et en 72 heures. Mais ça, c'est l'acte de constitution tout seul, dans le cas le plus simple, si vous maîtrisez la plateforme en espagnol et que rien ne coince.
Dans la vraie vie, une société opérationnelle, c'est plus que le certificat de constitution. Il faut le RUC de la société, l'inscription aux impôts, souvent une patente municipale pour avoir le droit d'exercer, un comptable, et un compte bancaire. Bout à bout, avec un accompagnement pour ne pas se planter, on est plutôt sur 2 à 3 semaines et de l'ordre de 500 euros de frais. Ce n'est pas cher comparé à l'Europe, mais ce n'est pas le zéro absolu que certains vendent.
Franchement, le vrai coût n'est pas l'argent, c'est le temps perdu quand une étape est mal faite et qu'il faut tout reprendre. C'est pour ça qu'on préfère cadrer les choses proprement du premier coup.
Les étapes concrètes, dans l'ordre
Voici à quoi ressemble le parcours réel pour ouvrir une société au Paraguay, une fois que vous êtes résident et que vous avez votre cédula :
- 1. Votre base légale. Cédula puis RUC personnel. Sans ça, difficile d'avancer sur le reste. On en parle sur la page résidence fiscale.
- 2. Les statuts. Statuts standards pour aller vite, ou statuts sur mesure si votre activité a des besoins particuliers (plusieurs associés, clauses spécifiques).
- 3. La constitution de l'EAS sur la plateforme du Ministère de l'Industrie et du Commerce. C'est l'étape 100% en ligne.
- 4. Le RUC de la société et l'inscription fiscale, pour que l'entreprise puisse facturer et déclarer.
- 5. La patente commerciale municipale quand votre activité l'exige. Ce document de la mairie autorise l'exercice à une adresse donnée. On y revient plus bas, parce que c'est un piège classique.
- 6. Le comptable. La comptabilité d'entreprise est obligatoire ici, et les déclarations de TVA sont mensuelles. Ce n'est pas optionnel.
- 7. Le compte bancaire professionnel. La dernière étape, et souvent la plus pénible.
Le compte bancaire pro, le vrai goulot d'étranglement
On voit souvent des gens croire que le compte pro s'ouvre en claquant des doigts une fois la société créée. C'est rarement le cas. Comptez environ trois semaines de délai chez des banques comme Itaú ou Ueno, même avec l'entreprise déjà constituée. Certains banquiers demandent à visiter physiquement vos bureaux avant d'ouvrir le compte, une mesure anti sociétés écran. Et chez certaines banques, obtenir une carte liée au compte pro peut prendre un an, voire deux.
La conséquence pratique : avoir une adresse professionnelle réelle aide énormément, autant pour la banque que pour la patente municipale. Si vous n'avez pas de bureau physique, une solution de domiciliation d'entreprise vous donne une adresse légale propre. Pour comparer les banques locales et savoir laquelle vise selon votre profil, voir notre page ouvrir un compte bancaire.
Les pièges qui coûtent cher
Trois erreurs reviennent, et elles coûtent toutes du temps et de l'argent.
- Le comptable pas cher. C'est l'économie qui ruine. On a vu des déclarations de TVA oubliées bloquer une procédure pendant 6 à 8 mois, avec amende à la clé. Un bon comptable réactif coûte un peu plus, mais il vous évite exactement ça. Payez la tranquillité.
- La patente municipale zappée. Exercer une activité commerciale sans le bon document municipal peut vous forcer à déménager en urgence si la mairie refuse. Ça arrive, même à des entreprises installées.
- Sous-estimer la banque. Lancer une activité en pensant encaisser dès la semaine 1, alors que le compte pro prend des semaines. Anticipez, ne construisez pas votre trésorerie sur un compte qui n'existe pas encore.
Cet article est éducatif, pas un avis juridique ni comptable. Les montants, délais et obligations peuvent évoluer et dépendent de votre situation. Avant de vous lancer, faites valider votre montage par un conseiller local et un comptable.
Petite précision fiscale, sans survendre
On associe souvent la société paraguayenne au fameux régime des 3x10 : autour de 10% d'impôt sur les bénéfices, 10% de TVA, 10% d'impôt sur le revenu, et environ 8% sur les dividendes. Ce sont des ordres de grandeur, pas une promesse chiffrée pour votre cas précis, et la TVA payée se déduit en partie. Ce qu'il faut retenir : la fiscalité paraguayenne est légère, mais elle se construit avec une vraie structure et de vraies déclarations, pas juste en posant le pied ici. Selon votre profil, un montage plus simple qu'une société locale peut d'ailleurs être plus malin, on en discute au cas par cas.
On vous monte votre structure proprement
De la cédula au compte pro, en passant par l'EAS, le RUC, la patente et le comptable, notre équipe sur place s'occupe de tout, en français et sans frais cachés. On vous dit ce qui est utile pour votre projet, ce qui ne l'est pas, et on évite les pièges qui font perdre des mois. Le plus simple est d'en parler : jetez un oeil à nos tarifs ou réservez un premier échange gratuit pour cadrer votre création d'entreprise au Paraguay.

